Conte soufi
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Conte soufi
On raconte que de jeunes gens, pleins d'enthousiasme et de bonnes intentions, voulurent faire partie d'une confrérie soufie. Le maître, un vieillard à l'humeur égale, les reçut au seuil de la porte et leur dit : " Sachez, mes enfants, que nous n'acceptons ici que celui qui fait preuve de vaillance : il doit attraper le plus grand serpent qui soit ! ".
Sur ce, nos vaillants jeunes hommes se dispersèrent dans la forêt, qui dans un maquis, qui dans un fourré. A la nuit tombée, ils rapportèrent tous des serpents, de diverses tailles et spécimens. Impatients, dégoulinant de sueur, ils déposèrent leurs trophées aux pieds du maître, afin qu'il jugeât du mérite de chacun.
Sourire aux lèvres, le vieux maître de la confrérie soufie regarda un instant les reptiles gisant sur le sol. Puis, d'un ton ferme, il dit aux jeunes hommes : " Voyez-vous, mes enfants ! Je vous ai demandé de chasser le serpent le plus venimeux qui soit sur terre, et vous me rapportez ces fétiches ! ".
" Maître, répondit l'aîné des aspirants, nous avons chassé tous les serpents de la contrée. Il n'y en a plus un seul de vivant ! "
" Mes enfants, rétorqua le maître. Et si je vous montrais ce serpent-là, ainsi que l'endroit où il se cache, me le rapporteriez-vous ? ".
" Bien sûr, vénérable maître ! " répondirent les jeunes hommes, en choeur.
" Eh bien, mes enfants, sachez que ce serpent extrêmement vénéneux n'est autre que votre égo : il est surnoisement tapi en vos seins ! Tuez-le, si vous le pouvez, alors vous serez mes hôtes ! ".
Sur ce, nos vaillants jeunes hommes se dispersèrent dans la forêt, qui dans un maquis, qui dans un fourré. A la nuit tombée, ils rapportèrent tous des serpents, de diverses tailles et spécimens. Impatients, dégoulinant de sueur, ils déposèrent leurs trophées aux pieds du maître, afin qu'il jugeât du mérite de chacun.
Sourire aux lèvres, le vieux maître de la confrérie soufie regarda un instant les reptiles gisant sur le sol. Puis, d'un ton ferme, il dit aux jeunes hommes : " Voyez-vous, mes enfants ! Je vous ai demandé de chasser le serpent le plus venimeux qui soit sur terre, et vous me rapportez ces fétiches ! ".
" Maître, répondit l'aîné des aspirants, nous avons chassé tous les serpents de la contrée. Il n'y en a plus un seul de vivant ! "
" Mes enfants, rétorqua le maître. Et si je vous montrais ce serpent-là, ainsi que l'endroit où il se cache, me le rapporteriez-vous ? ".
" Bien sûr, vénérable maître ! " répondirent les jeunes hommes, en choeur.
" Eh bien, mes enfants, sachez que ce serpent extrêmement vénéneux n'est autre que votre égo : il est surnoisement tapi en vos seins ! Tuez-le, si vous le pouvez, alors vous serez mes hôtes ! ".

Joha- Messages : 141
Date d'inscription : 25/12/2012
Age : 58
Localisation : Confluent des deux rives
Re: Conte soufi
Une question me vient à la lecture de ce conte ... qu'est-ce que "tuer" pour un Soufi ?
Connais-tu Joha et vous amis de l'ici, le conte de Goethe : le Serpent Vert?
Connais-tu Joha et vous amis de l'ici, le conte de Goethe : le Serpent Vert?
Re: Conte soufi
Bonjour MarieAnne...
Le " tuer " de ce conte soufi n'est qu'une résonance de la geste abrahamique, avec tout ce que cela implique, sur le chemin de l'accomplissement...
Le " tuer " de ce conte soufi n'est qu'une résonance de la geste abrahamique, avec tout ce que cela implique, sur le chemin de l'accomplissement...

A l'image de ce qu'Arjuna se doit de faire, dans la Bhagavad-Gîta, au champs de bataille, où les êtres les plus proches et les plus chers se trouvent être ses adversaires.

Moralité : se défaire des attaches de l'égo est une tâche singulièrement périlleuse et difficile.
Dans un registre similaire, une séquence du film " La Passion du Christ " du réalisateur australien Mel Gibson, montre le Maître écrasant de son pied la tête d'un serpent, symbole de Satan. C'est également dans ce sens que le " tuer " du soufi est à même de se comprendre, en tant qu'éradication radicale de la tentation dans l'âme de celui qui emprunte le chemin spirituel.

Pour le conte de Goethe, je ne l'ai pas encore lu.
Bien à toi le questionnement

Joha- Messages : 141
Date d'inscription : 25/12/2012
Age : 58
Localisation : Confluent des deux rives
Re: Conte soufi
Je vous écoute en silence.
Dernière édition par ghislain147 le Mer 13 Fév 2013 - 10:46, édité 1 fois
Re: Conte soufi
ghislain147 a écrit:Connais-tu l'histoire de Râbi’â ?
Râbi'a Al-Addawiya...Bien sûr que je la connais ! Elle fait partie de ma culture d'origine...Cette sainte femme est un exemple vivant de l'épiphanie divine dans toute sa force, sa grâce et sa splendeur...
Joha- Messages : 141
Date d'inscription : 25/12/2012
Age : 58
Localisation : Confluent des deux rives
Re: Conte soufi
Je vous écoute en silence.
Dernière édition par ghislain147 le Mer 13 Fév 2013 - 10:47, édité 1 fois
Re: Conte soufi
Je vous écoute en silence.
Dernière édition par ghislain147 le Mer 13 Fév 2013 - 10:47, édité 1 fois
tijani- Messages : 576
Date d'inscription : 20/05/2012
Age : 57
Localisation : oasis
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